MARINA
MARDAS

Projet Hiraeth

Of what remains est un projet débuté en 2016 prenant place à Beyrouth, la capitale du Liban. De par ses origines libanaises ainsi que sa formation en sociologie, Marina Mardas a toujours été fascinée par les ruines de guerre et plus particulièrement leur place dans la mémoire collective ainsi que dans l’espace urbain.


Ce projet s’intéresse à la complexité du lien entre la mémoire, l’architecture et les émotions à travers les ruines de la guerre civile de 1975 au Liban. C’est à celles se trouvant autour de la Place des Martyrs que l’artiste s’est intéressée. Place emblématique dans la mémoire libanaise où démarrait la ligne de démarcation qui divisait la capitale en deux de 1975 à1990. Ce périmètre lourd en mémoire était un sanglant engrenage entre les deux camps : chrétien et musulman. A présent, la Place des Martyrs est le coeur de Beyrouth, comptant une église ainsi qu’une mosquée, cohabitant avec les ruines et les grattes-ciels. Elle est à l’image de cette ville multiculturelle dépassant perpétuellement ses différences et ses multiples destructions.

 

Ce projet, premièrement photographique, donne lieu à une série photographique documentant lesr ares ruines restantes autour de cette  place. Il a ensuite été l’objet d’une publication de l’artiste dans laquelle elle inclue son travail d’archéologie émotionnelle à travers des poèmes expérimentaux, inspirés des fragments de souvenirs entendus depuis son enfance. En 2020, l’artiste décide de faire une installation regroupant des extraits de sa publication. Le documentaire scelle ce projet, regroupant des témoignages des beyrouthins ainsi que des images vidéos de la ville et de ses ruines telles qu’elles y sont actuellement. La trame expérimentale du script et permet de rassembler toutes les données récoltées depuis le début de ce projet dans une narration décousue, reflétant l’état de la ville cherchant son équilibre au sein de chaos.

Marina Mardas est une artiste transdisciplinaire basée à Paris, et initialement diplômée d'un master de recherches en sociologie. Sa vision du monde, façonnée par son parcours universitaire ainsi que ses racines libanaises plonge le spectateur dans un univers postmoderne.


Le travail de Marina s'ancre dans des recherches socio-anthropologiques autour de la mémoire individuelle et collective, et de leurs manifestation actuelles. Cette "archéologie du présent" recherche les vestiges mémoriels à travers les sens : les émotions subjectives et les sensations contenues dans l'espace du souvenir et de la mémoire. Elle s'attèle à les mettre en avant afin de refléter la mémoire collective comme un immense rhizome composé de toutes les mémoires personnelles. Afin de traduire cela, Marina utilise différents media tels que la vidéo, la photographie, l'écriture mais aussi l'installation, la performance et la musique. Le parti pris de se positionner dans la transdisiplinarité permet de retranscrire dans une multitude de langages en un seul et même univers comprenant différentes facettes.

 

Ses récentes interventions incluent une exposition personnelle à la Galerie ACS (Paris), une projection vidéo au Silencio (Paris), ainsi qu'une résidence musicale chez Tikka Radio (Marseille)