MARGUERITE
PIARD

Projet Hiraeth

LA RIVIÈRE

2021

Acrylique et pigments sur carton gris épais

Marguerite Piard (diplômée des Beaux-Arts de Paris) et Caroline Peron (diplômée des Arts Décoratifs de Paris) se sont rencontrées au début de leurs études d’art.  De cette rencontre est née une amitié profonde et de nombreuses discussions sur leurs aspirations artistiques réciproques. La peinture de Marguerite pose un regard bienveillant et engagé sur le corps féminin,  Caroline s’intéresse à travers le dessin et l’illustration aux paysages végétaux et la sérénité qu’ils véhiculent. Cette exposition était également l’occasion de mettre à l’œuvre un travail à quatre mains à grande échelle.

Ce projet s’apparente à une fresque en pièces détachées. À la manière d’un puzzle, il est une construction d’un univers utopique imaginé par les deux artistes.  Il peut être associé au regret des ambiances languissantes propres à l’été dont on ne prend réellement conscience de la douceur que lorsqu’elles sont passées. Peuplé exclusivement de personnages féminins, ce lieu évoque un espace sécurisant et apaisé où aucun regard pervers ou voyeur ne vient les troubler. Mais dans la nature, ce « safe space » a-t-il déjà vraiment existé? Le représenter par la fiction nous invite à nous questionner sur la nécessité et les bienfaits de tels espaces dons nos sociétés.

La réalisation de cette fresque a pris plusieurs mois, à raison de multiples rencontres de travail. Ce fut l’occasion pour Caroline et Marguerite de s’apporter mutuellement dans la technique picturale mais également de célébrer leur amitié par le récit de leur souvenirs, et leur écoute mutuelle.

Marguerite Piard née le 31 janvier 1996 vit et travaille à Paris.

Ses peintures représentent la plupart du temps des bords de mer, des rivages, où le bleu de l’eau semble calme à première vue. Espaces oniriques, inventés, ils sont surtout un prétexte, un décor dans lequel elle place des corps de femmes: son sujet principal en peinture. Quasiment tout le temps nus, ils reviennent comme un motif qu’elle ne se lasse pas de peindre. Ces femmes sont souvent seules ou seules ensemble, elles ne se comparent pas. Tantôt paisibles, elles s’abandonnent dans l’eau, font la planche, ferment les yeux, ou s’étalent le dos courbé, les cuisses ouvertes et laissent le temps passer sans se soucier de l’image qu’elles renvoient. D’autres sont plus inquiètes, présagent ce qui se passe en dessous d’elles..

Les positions dans lesquelles elle les représente vont à l’encontre de l’image de la femme belle véhiculée par les médias, ce ne sont pas celles qui doivent être vues par les hommes, car jugées non esthétiques, indélicates, elles ne sont pas celles at- tendues d’une femme dite « féminine ». Elles sont pourtant naturelles.

 

À première vue, ce sont des espaces refuges qu’elle construit pour les femmes qui les peuplent. Elles n’y craignent pas le regard pervers de certains hommes, alors absents ou du moins cachés, libres de se représenter telles qu’elles le souhaitent et leur corps, tels qu’ils sont, sans se comparer, sans se juger, nues, sans peur d’être regardées et surtout sans honte ni retenue.

Advocating for
women and
gender minorities
through art