Hiraeth [hiraɪθ ] : Hiraeth est un mot intraduisible dans n’importe quel langage. Souvent comparé à « Homesickeness », son sens est en réalité plus complexe que la nostalgie ou le manque. Cela implique de regretter une ère, une personne ou un lieu où l’on ne reviendra pas et qui n’existera plus. On peut l’associer à la mémoire douce amère qui accompagne le regret d’une époque, d’un foyer ou d’une relation tout en étant reconnaissant.e que cela ait existé. Hiraeth peut aussi être utilisé pour décrire le manque de sa terre natale ou de celle de ses ancêtres, parfois même sans y avoir jamais été.

Communiqué de presse

ALIEN SHE - HIRAETH

 

“C’est cela que l’on entend par hiraeth:

toute une vie désirer ce qui est parti et ne reviendra plus.” Alice Thomas Ellis

 

Alien She Art est une association loi 1901 à but non lucratif, créée dans l’optique de promouvoir et favoriser le travail d’artistes féminines et issu.e.s de la communauté LGBTQ+ par le biais d’évènements culturels. Elle inaugurera le 2 septembre prochain sa 3ème exposition collective, réunissant le travail de 15 artistes, 6 vidéastes, et 14 artistes d’animation et d’illustration dans un projet annexe.

Il y a un an et demi, à la suite de notre seconde exposition collective, nous invitions artistes et étudiant.e.s à répondre à un nouvel appel à projet traitant de la mémoire dans ce qu’elle a de plus humain : la nostalgie et l’attachement à ce qui ne sera jamais plus. Nous ignorions à l’époque que nous nous apprêtions à vivre une année d’isolation qui changerait à jamais notre perception du monde et des relations sociales. Si la nature des projets sélectionnés est restée inchangée, la lecture que nous en aurons se verra inévitablement impactée par les toutes nouvelles problématiques auxquelles nous avons fait face.

La mémoire, car il est vain de la maitriser ou la comprendre, est en tout temps restée un sujet d’étude et d’interrogation. Dans la mythologie, elle est Mnémosys, fruit de l’union du ciel et de la terre dont seule la grandeur a pu contenir le poids du souvenir terrestre. Déesse titanesque, elle engendre 9 muses incarnant chaque forme d’art et de connaissance. «Celle qui nomme les choses » offra à l’humain son caractère sémiotique, expressif et discursif ; à l’image de la pulsion d’empreinte dans le temps qui caractérise notre espèce depuis l’invention même de l’écriture. C’est cela qu’est la mémoire, la mère du langage et de toute expression qui structurant les individus et les peuples lorsqu’elle est collective, fait de nous la somme des fossiles de notre histoire.

Le propre de l’artiste est bien souvent de tenter de matérialiser ce qui s’est imprimé en iel. C’est le souvenir qui est à l’œuvre derrière chacune de ses actions, l’art n’étant que la pulsion de rendre visible sa vie intérieure. Si notre mémoire est une fuite en avant dont l’on ne s’extrait pas, « Hiraeth » est le chant de celleux qui sans pouvoir revenir sur leurs pas, ne peuvent se construire sans regarder en arrière. Si les souvenirs ne sont pas tous des cicatrices, ils sont souvent des vestiges dont la simple évocation suffit parfois à être temporairement reconstruits. C’est à cela que nous avons souhaité faire appel à travers ce thème : notre habilité mentale à reconstituer ce qui n’est plus pour comprendre ce qui est resté.

De ces choses qui luttent en nous pour ne jamais tomber dans l’oubli, 21 artistes pluridisciplinaires ont accepté de nous livrer leur interprétation, personnelle pour certaines, universelle pour d’autres. Peintures, installation, photos et courts-métrages se côtoieront dans une scénographie collaborative au sein de l’Espace Futur, du 2 au 5 septembre 2021.

 

Contact :

Cléo Farenc

alien.she@outlook.fr

Advocating for
women and
gender minorities
through art